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Jean-Gabriel Carasso

10es Rencontres de théâtre amateur en Loire-Atlantique

10es Rencontres de théâtre amateur en Loire-Atlantique

5, 6 et 7 juin 2009 - Machecoul

Conférence Jean-Gabriel Carasso

Samedi 6 juin 2009

Merci d’avoir le courage de venir un samedi matin pour réfléchir sur ce que vous faites ! Si j’ai accepté avec plaisir de participer à cette rencontre c’est que, trop souvent, on ne prend pas le temps de réfléchir collectivement sur ce que l’on fait et comment on le fait, pour essayer de comprendre un peu mieux les démarches engagées. Rassurez vous, je ne vais pas faire un cours sur le théâtre amateur mais tenter d’apporter quelques éléments de réflexion, après quoi vous me direz si cela fait écho, si cela correspond à vos préoccupations

Mais qui vous parle ?

Je suis tombé dans le théâtre à l’adolescence, dans un collège à Boulogne-Billancourt . Mes parents étaient commerçants, j’avais un copain avec qui je jouais au hand-ball et un jour il ma dit « Est-ce que tu pourrais venir nous aider, mon père a besoin de quelqu’un pour repeindre des tabourets ? ». J’ai donc accepté de peindre les tabourets. Ce que je ne savais pas, c’est que son père s’appelait Miguel Demuynck et était responsable des activités de théâtre dans un organisme de formation qui s’appelle les CEMEA, centres d’entraînement aux méthodes d ‘éducation active. Il avait été élève de Charles Dullin, grand professeur de théâtre et metteur en scène. En fait, les tabourets en question étaient ceux d’un décor de théâtre pour Le Théâtre de la Clairière. J’ai découvert ainsi le monde du théâtre, par les décors, dans un petit théâtre à Paris qui s’appelait « Les Trois Baudets ». C’était la première fois qu’il y avait à Paris du théâtre en temps scolaire. Je suis tombé dans ce milieu et n’en suis, en vérité, jamais ressorti, tellement c’était fascinant. Je suis devenu plus tard régisseur dans la troupe, je chargeais et déchargeais les camions. Après quoi j’ai joué un petit rôle, parce qu’un comédien était malade qu’il fallait remplacer, et puis, de fil en aiguille j’ai fait comédien, assistant metteur en scène… Au bout de quelques années, je me suis dit qu’il serait bien que j’aille à l‘école, que j’apprenne enfin ce que j’étais en train de faire depuis 10 ans ! Je suis allé donc à l’école Jacques LECOQ, célèbre école internationale de théâtre à Paris. J’ai monté ensuite ma propre compagnie, le Théâtre du Bonhomme Rouge, et je suis parti pour un parcours de théâtre qui a duré 20 ans, en passant notamment par le Théâtre de l’Opprimé, avec Augusto Boal, jusqu’au Conservatoire national supérieur d’art dramatique où j’ai été invité à enseigner. Au bout de 20 ans, j’ai arrêté. J’avais participé à l’émergence du théâtre pour enfant en France à la fin des années 60 et dans les années 70. On découvrait l’éducation populaire, les stages de formation. Il y avait des stages de théâtre pour les enseignants, pour les travailleurs sociaux ou ceux qui voulait faire du théâtre pas forcément pour devenir comédien, mais dans l’esprit du développement personnel. Certains ont continué et sont devenus professionnels, ils se sont dit qu’ils ne pouvaient plus faire autrement. On se demande parfois quelle est la différence entre un comédien amateur et un professionnel ? Q’est-ce que c’est un artiste finalement ? On dessine tous, on chante tous… qu’est-ce qui fait que certains deviennent ce que l’on appelle des artistes ? Je crois que les vrais artistes ne peuvent pas faire autrement, ils ne peuvent faire autrement que de passer leur vie à faire cela, c’est pour eux une nécessité absolue. Moi, ce n’était pas le cas. Je l’ai fait avec beaucoup de plaisir, mais j’ai arrêté pour faire de la politique culturelle, pour faire d’autre choses, pour écrire… Je suis toujours intéressé par la création artistique, mais je n’ai pas un besoin absolu de vivre ces passions, ces angoisses, ces plaisirs énormes, mais aussi ces inquiétudes de la vie artistique. Donc je ne suis pas devenu comédien. C’est curieux d’ailleurs, parce que dans le théâtre, on devient ce que l’on fait... Moi, j’ai donc ce parcours d’amateur du théâtre qui a arrête pour faire de l’écriture, du cinéma, de la vidéo maintenant, etc.

(...)

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