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Jean-Gabriel Carasso

Culture et éducation : il faut mener la bataille de l’imaginaire

CARASSO, Jean-Gabriel, 2011

pour les Rencontres d’Archimède*

* L’association « Les rencontres d’Archimède » est constituée par un collectif de responsables culturels, soucieux de d’échanger sur leurs pratiques et leurs conceptions de l’action et des politiques culturelles. Depuis de nombreuses années, Archimède travaille à une meilleure compréhension des évolutions du champ culturel et à l’élaboration de propositions diverses dans ce domaine. Le livre publié récemment sous la direction de Cécil Guitart « La Bataille de l’imaginaire » (Editions de l’Attribut 2009) rend-compte d’une part importante de ces travaux. Notre intervention sera dédiée à la mémoire de Cécil Guitart, président des Rencontres d’Archimède, décédé en décembre 2010.

La bataille de l’imaginaire

Dans les domaines de la communication, de la production, de la création, de l’espace, du temps, des échanges… notre monde bouge, se transforme, évolue de manière spectaculaire. Avec Internet et la globalisation, les identités mêmes des individus, des structures, des nations et des sociétés sont aujourd’hui en profonde mutation. Ces bouleversements sont porteurs d’innovations et de promesses autant qu’ils ne laissent pas d’inquiéter. Dans ce contexte, « la bataille de l’imaginaire » fait rage ! De quoi s’agit-il ? Il fut un temps où les hommes et les tribus se battaient pour l’acquisition de territoires. Combien de guerres et de massacres ont été perpétrés dans le monde, dans le seul objectif de la conquête territoriale ! Vinrent ensuite les guerres pour les matières premières, l’or, le cuivre, l’uranium, le pétrole... Si ces guerres-là se sont un peu calmées – si peu ! – elles ont été remplacées désormais par le combat global pour la possession des marchés. Le pouvoir et la richesse viendront à qui pourra vendre sa production, le plus loin et le plus largement possible. Pour cela, il importe non seulement d’être « compétitif », c’est-à-dire de produire à moindre coût que son concurrent, mais encore de créer et de stimuler la demande par des efforts considérables de « marketing ». C’est l’image du produit qu’il faut imposer avant le produit lui-même. Plus profondément c’est le désir qu’il faut détourner au profit de la consommation (cf. les travaux de Bernard Steigler). C’est « le temps de cerveau disponible » qu’il faut vendre aux annonceurs. Ainsi se mène la bataille de l’imaginaire commercial ! Parallèlement, se déroule la bataille de l’imaginaire religieux : mises en causes ou régression de la pensée laïque, communautarismes et fondamentalismes de tout poil ! Et celle de l’imaginaire politique : hors du libéralisme marchand, de la libre concurrence, de la liberté absolue de circulation des marchandises et des capitaux (liberté du renard dans le poulailler !), point d’alternative ! Le monde est ainsi fait, circulez, il n’y a rien d’autre à voir ! Et tant pis pour la casse !

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