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Jean-Gabriel Carasso

Drôles de temps pour la culture

CARASSO Jean-Gabriel, 2006

En préambule je dois vous avouer que je ne suis absolument pas spécialiste de la question qui nous occupe aujourd’hui. Je ne suis pas philosophe, je ne suis pas historien, ni scientifique, ni sociologue, je suis totalement autodidacte du sujet. Ce que je vais vous communiquer sera très largement basé sur mon expérience personnelle et, s’il m’arrive d’émettre quelques propositions, il faut les considérer comme des hypothèses et non comme des dogmes.

Je me suis construit, intellectuellement, culturellement, professionnellement, à la fois dans le monde de l’éducation, dans celui du théâtre et, un peu, dans celui de la politique. Je suis fils de commerçants, immigrés à Paris. Au mois de juillet, ils m’envoyaient en colonie de vacances. J’y ai découvert un monde extraordinaire, celui de l’éducation active, de l’éducation populaire, qui m’a passionné. Cette préoccupation éducative, pédagogique, ne m’a jamais quitté. Un peu plus âgé, j’ai suivi des stages de formation pour animateurs au CEMEA (Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active). Je suis devenu instructeur — formulation qui sonne un peu militaire —, puis un des responsables de cette association. Enfin, j’ai moi-même formé de futurs animateurs, des enseignants, des infirmiers psychiatriques.

C’est à la même époque que j’ai rencontré le monde du théâtre. Un des responsables des CEMEA, Miguel Demuynck, qui avait été l’élève du grand comédien Charles Dullin, a été un des premiers, au sortir de la guerre, à se lancer dans le théâtre pour enfants, au sein du Théâtre de la Clairière, l’une des premières troupes professionnelles en France, qui a vu le jour en 1948 et qui a duré une trentaine d’années.

J’ai fréquenté le même lycée que son fils, ce qui fait qu’un jour je me suis retrouvé à peindre des tabourets pour un décor. Et c’est ainsi que j’ai découvert le théâtre, les décors, les coulisses — ce qui se passe derrière. Tout un monde s’est ouvert à moi. J’ai commencé par faire de la régie, puis être moi-même comédien. Je me suis lancé dans la mise en scène. J’ai créé ma propre compagnie. Et puis j’ai fait de la formation, jusqu’au Conservatoire national d’art dramatique. Un chemin de vie, dans lequel le hasard tient une part importante. J’ai passé une bonne partie de mon existence, maintenant une quarantaine d’années, à m’intéresser à la question théâtrale. Depuis une vingtaine d’années, j’ai un peu mis de côté la pratique théâtrale pour m’intéresser aux politiques culturelles. En 1985, J’ai intégré, pour trois ans, le CFNA (Centre de formation national d’Avignon) et j’ai obtenu un DESS de sciences politiques. On réfléchissait sur des thèmes comme : « Qu’est-ce que diriger un projet culturel ? », « Qu’est-ce qu’une politique culturelle ? »

Cela m’a ouvert tout un champ de réflexions, et je n’ai cessé depuis de mêler ces trois préoccupations, c’est-à-dire l’éducation, l’art en général, la culture, le théâtre en particulier, et la question politique. J’ai, pendant une douzaine d’années, jusqu’en 1999, dirigé l’ANRAT (Association nationale de recherche et d’action théâtrale) en milieu scolaire. Depuis j’ai créé une petite structure qui s’appelle L’OiZeau rare, dont je suis directeur général et par ailleurs l’unique membre. Je propose mes services de consultant, j’initie divers projets, tout en continuant à avoir une pratique personnelle de réalisateur, de films notamment.

Je vous ai résumé mon parcours pour que vous sachiez qui vous parle et d’où mes réflexions sont issues. Elles se situent au croisement de mes trois préoccupations énoncées plus haut.

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