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Jean-Michel Lucas

Numérique, mondialisation et diversité sont dans un bateau...

Jean-Michel LUCAS, 2012

Rencontres européennes de l’Adami 6 Décembre 2012 Cabourg

Contribution développée de Jean Michel Lucas/Doc Kasimir Bisou pour l’atelier : Numérique, mondialisation et diversité sont dans un bateau...

J’ai failli trouver cette entrée assez plaisante .. J’ai cherché à savoir qui était le « Pincemi » qui tombe dans l’eau et se noie ! Et qui était le « Pincemoi », qui lui, reste dans le bateau et berne l’auditeur trop attentif à l’histoire qu’on lui raconte !

Et c’est là que ça finit d’être drôle... car la seule signification que je peux donner à cette comptine est dramatique : sur ce bateau de la mondialisation, de la numérisation et de la diversité, « Pincemi » ne peut être que le musicien. C’est lui qui tombe dans l’eau , il se débat presque submergé par les flots. Il essaye de sortir la tête de l’eau. Il a besoin d’aide. Qui reste au sec dans le bateau pour feindre de lui apporter secours ? La réponse est cruciale pour sauver le musicien éploré et sans attendre la fin de l’histoire, le consommateur répond ému : « Taxe- moi ! ».

Trop subjugué par le vendeur des musiques perdues dans le vaste océan des économies du monde, il n’a pas pensé qu’il y avait d’autres manières pour le genre humain, de sauver le musicien ! Finalement, la comptine n’est qu’une mauvaise histoire de bouée de sauvetage dans un univers marchand désemparé par l’accès sans frein aux musiques et aux images. Avec ce titre, on voudrait presque que nous racontions une nouvelle fois, cet après midi, l’histoire de la licence globale et de la taxe de plus qu’elle nécessite. Ce qui ne va pas plaire au PDG de Free et de quelques autres qui le rapporteront certainement à l’oreille de Pierre Lescure !

Pour ma part, je voudrais raconter autrement l’histoire de ce bateau en me demandant d’abord dans quel « bon » sens il devrait aller ? Son parcours dans les vagues tumultueuses d’une rentabilité en berne, mènent-ils à l’enfer ou au paradis ? J’ose ainsi vous dire que la première question est effectivement celle du sens collectif, celle donc des « bonnes » valeurs d’intérêt général à protéger, pour garantir que le bateau de la mondialisation, de la diversité, de la numérisation et de la musique chemine dans la « bonne » direction, quitte à ajuster le cap au gré des tempêtes.

Pour fixer ce cap, je vous propose de prendre comme références les valeurs universelles des droits humains fondamentaux pour mieux évaluer les décisions publiques qui pourraient éviter les noyades de musiciens et les simplismes des hommes d’octroi ! Je pose ainsi sur la table du pilote du bateau la boussole éthique du développement des Droits humains pour que nous puissions mieux construire l’humanité ensemble, boussole certainement utile, aussi, à la commission Lescure qui en a sûrement bien besoin pour résister à la foire d’empoigne des intérêts particuliers contradictoires.

1 - Je commence par apprécier la mondialisation par rapport à cette boussole.

La mondialisation est un fait qui peut produire des catastrophes détruisant massivement des singularités humaines. Pourtant, je ferai ici le choix de sa valeur positive. Choix d’éthique publique considérant qu’il y a une « bonne » mondialisation lorsqu’elle est source de progrès humain.

(...)

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