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Philippe Henry

Quelle production aujourd’hui pour la filière du spectacle vivant ?

Henry Philippe, 2009

Résumé

Le spectacle vivant constitue une filière socio-économique spécifique, qui se trouve aujourd’hui confrontée à d’importantes mutations contextuelles, mais aussi à ses propres limites structurelles. Réfléchir à la production artistique nécessite alors de ne pas dissocier cette question d’une autre, plus globale, qui touche au processus d’ensemble de production de valeur (symbolique autant qu’économique à proprement parler) au sein de cette filière d’activité. Par cette approche, on peut établir les bases de quelques chantiers de réflexion et orientations de principe, pour un avenir qui reste pour une large part à concevoir et à construire.

Introduction

Depuis plusieurs années déjà et plus particulièrement à partir de la crise de 2003, la montée d’une profonde inquiétude est perceptible et s’exprime dans la moindre des rencontres professionnelles touchant au spectacle vivant. Si les difficultés qui s’accumulent touchent au premier rang les organisations les plus fragiles comme, par exemple, les compagnies naissantes, le sentiment d’une situation qui se dégrade inexorablement est plus largement partagé par l’ensemble des acteurs de ce monde artistique. Il ne fait guère de doute que ses conditions de fonctionnement, tant internes que contextuelles, ont profondément changé, depuis l’indéniable développement qui se met en place dès les années 1970. Avec le soutien renforcé des pouvoirs publics à partir des années 1980 et sous l’emblème majeur de la professionnalisation, il a ainsi connu une période favorable, tant sur les plans quantitatif et qualitatif, qu’en terme de variété des propositions de spectacle ou de démarches artistiques et culturelles associées.

On se trouve aujourd’hui face à une sorte de paradoxe. D’un côté, la perception au sein de ce monde de l’art est forte d’un environnement global qui change très rapidement, ce dont la modification des modes d’appropriation culturelle de nos concitoyens porte structurellement la marque. Il en résulte une volonté de nouvelles expérimentations artistiques, que ce soit du point de vue des thèmes traités, des processus de production et de diffusion mis en oeuvre, ou encore de la manière dont les non professionnels de l’art sont conviés à participer à ce mouvement. D’un autre côté et quelle que soit leur taille, les organisations professionnelles peinent à se dégager du modèle économique sur lequel s’est fondé le développement de ce secteur à la fin du 20ème siècle. Pourtant et jour après jour, celui-ci n’apparaît plus être à même de faire face aux défis, actuels et futurs, auxquels le spectacle vivant est confronté. Il y a bien sûr déjà un ensemble de réflexions et de premières expériences en vue de mieux coordonner la très grande pluralité d’organisations élémentaires désormais à l’oeuvre dans ce champ d’activité. Mais ces nouvelles et nécessaires formes de coopération ou de mutualisation semblent encore très largement en deçà des enjeux actuels.

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