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Jean-Michel Lucas

Rôles et légitimités de la médiation culturelle.

LUCAS, Jean-Michel

Bâle, le 7 novembre 2012 Symposium : médiation ! Plus que de simples recettes.

Intervention de Jean Michel Lucas et Doc Kasimir Bisou

Rôles et légitimités de la médiation culturelle.

1 - Je voudrais introduire sur l’évidence partagée que la médiation culturelle est un beau métier et que le médiateur a le « beau rôle ». D’un coté, des oeuvres d’art de valeur, de l’autre des publics qui n’en décodent pas encore les richesses. Entre les deux, le médiateur joue un rôle d’interconnecteur. Il est presque « courtier » qui met en exergue le meilleur des oeuvres pour que le public en tire les meilleurs bienfaits.

2 - On peut même aller plus loin en faisant de cette relation à l’oeuvre d’art une dimension essentielle de la vie humaine. Le médiateur devient « sherpa » qui aide le public à atteindre les plus hauts sommets du génie des oeuvres de l’art et de l’esprit. Tournons nous un instant vers André Malraux, notre premier ministre de la culture en France et immense écrivain, par ailleurs, pour saisir l’enjeu fondateur de cette conquête de l’oeuvre d’art. Pour lui, l’art est l’humanité qui se survit à elle -même. Comme le prophète pour la religion, l’art est présence permanente qui donne sens à la vie des humains. « Pour toutes les grandes religions, le prophète est présent. Or l’Oeuvre d’art, elle aussi est présente à sa manière, et son caractère fondamental, c’est cette mystérieuse survie ».1 On comprend alors que le médiateur n’est pas qu’un exécutant de « simples recettes ». Être médiateur de ce mystère de la survie du sens n’est pas une tâche anecdotique car elle est capitale pour l’humanité. La relation à l’oeuvre est enjeu de résistance aux médiocrités du monde, aux « puissances de la nuit » qui nous submergent : « La seule force qui permette à l’homme d’être aussi puissant que les puissances de la nuit, c’est un ensemble d’oeuvres qui ont en commun un caractère à la fois stupéfiant et simple, d’être les oeuvres qui ont échappé à la mort ».

(...)

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